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vendredi 5 septembre 2014

Le Dr Benas vous salue bien


Elefthérios Benas a choisi de partir pour « des raisons personnelles ».
Battu aux dernières municipales, l’ex-maire de Loudun est parti pour les Caraïbes. Il a néanmoins conservé son mandat au conseil général de la Vienne.

En cas d'urgence, vous pouvez appeler le 15. » En écoutant le message laissé par le docteur Elefthérios Benas sur le répondeur de son cabinet des Trois-Moutiers, on est tenté de faire l'expérience pour avoir quelques nouvelles de l'ancien maire de Loudun, battu lors des municipales de mars dernier.
Difficile en effet de savoir ce qu'est devenu l'élu qui a préféré retirer sa candidature entre les deux tours des dernières municipales, laissant le champ libre à Joël Dazas qui était arrivé en tête. Toujours sur son répondeur, il informe de l'arrêt de ses activités le 26 août « pour des raisons personnelles » et remercie ses « patients pour leur confiance et leur patience ». Un message qui s'adresse peut-être également à ses administrés.
Claude Bertaud envisage de saisir la justice
Président des Veilleurs actifs loudunais, association créée à la suite des municipales dont faisait partie M. Benas, Frédéric Proux « comprend » son départ. « Il a eu une vie pourrie durant les dernières années. Il a fait le choix de partir pour préserver sa famille. ». Mais il regrette déjà celui qui préparait « l'après-Monory avec une capacité de vision à dix ans ».
L'ex-maire, parti définitivement pour un département d'Outre-mer, n'a donné aucune information à ses électeurs concernant son dernier mandat, celui de conseiller général. Premier intéressé, le président du conseil général, Claude Bertaud, est dans l'expectative. « Il m'a appelé lundi pour me dire qu'il quittait Loudun et qu'il reviendrait à la mi-octobre pour la commission permanente. » Mais sur la suite, point de nouvelles. « C'est une grande surprise d'autant plus qu'il est venu aux deux dernières réunions fin juillet. Je ne me suis douté de rien. » Le maire de Loudun avait déjà défrayé la chronique durant l'été 2012 quittant sa ville pendant deux mois sans donner de nouvelles. « Je l'avais appelé à cette époque lui demandant de revenir », rappelle Claude Bertaud. Mais, cette fois, l'élu loudunais est parti pour de bon et le président du conseil général envisage déjà les étapes à suivre : « Soit il reste, soit il doit donner sa démission et sa suppléante siégera (1). S'il ne le veut pas, c'est le tribunal administratif qui le démissionnera. »
Au-delà de l'aspect technique, c'est la méthode que regrette Claude Bertaud. « Il aurait été normal qu'il informe ses électeurs. Je ne peux que condamner cette situation. Il a été élu par une majorité et il ignore cette élection. Il laisse les habitants du canton orphelins en quittant son poste. » Déjà, en effet, des courriers adressés à M. Benas ont été retournés au conseil général.
(1) Il s'agit de Brigitte Jeanneau-Gautier.
Laurent Gaudens

La polémique Trierweiler rattrape Philippe Croizon




Valérie Trierweiler et Philipe Croizon se sont rencontrés plusieurs fois. Notamment ici à Vichy. - (Photo MaxPPP/LaMontagne)
L’ex-première dame rapporte des propos peu amènes du chef de l’État à propos du nageur polyamputé d’Ingrandes-sur-Vienne. L’intéressé réagit.
Dans son livre polémique sorti hier, Valérie Trierweiler rapporte des propos qu'aurait tenus François Hollande à l'issue de sa rencontre avec Philippe Croizon. « Je n'aime pas les handicapés qui font commerce de leur handicap », aurait dit à sa compagne le chef de l'État. Nous avons interrogé le nageur ingrandais à ce propos.
Comment avez-vous appris votre citation dans le livre de Valérie Trierweiler ?
« Je l'ai découvert ce matin dans le Nouvel Observateur. Pour être tout à fait honnête, Valérie Trierweiler m'avait envoyé un SMS juste avant la sortie de son livre pour me dire qu'il y aurait quelque chose de pas très agréable à mon propos. »
Quel souvenir gardez-vous de cette rencontre ?
« C'était il y a un an environ. Valérie Trierweiler m'avait tweeté qu'elle aimerait me rencontrer après ma jonction des cinq continents à la nage. J'y suis allé et elle a invité François Hollande à venir me dire bonjour ce qu'il a fait avec beaucoup de gentillesse. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire deux-trois trucs à propos du handicap. Il y avait aussi la lettre ouverte que j'avais faite à Jean-Marc Ayrault peu avant. Peut-être que ça ne lui a pas plu. »
Pensez-vous que François Hollande ait réellement prononcé ces mots ?
« Je n'en sais rien. C'est avant tout la réaction d'une femme trahie à propos d'une discussion privée et qui a été rendue publique. »
Malgré tout, vous avez tenu à réagir ?
« Je veux profiter de l'événement pour rappeler la réalité des handicapés aujourd'hui. Il y a par exemple 60 % des collèges en France et dans le département de la Vienne qui ne peuvent pas accueillir d'enfants handicapés. C'est cela qui m'agace. Le président ne peut pas tenir ces paroles, s'il les a tenues, sans ne rien faire pour ces gamins. »
Avez-vous envie de rencontrer François Hollande pour évoquer ces faits ?
« Je n'en sais rien. Je trouve cette situation un peu dommage mais cela reste du conditionnel malgré tout. Je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais je sais que je n'ai rien à voir avec. Je n'attends donc aucune réponse du Président de la République. »
Propos recueillis par Laurent Gaudens

Sur le pont, on se souvient


Il y a soixante-dix ans le sous-préfet Wiltzer, après de longues heures de négociation, réussissait à obtenir des autorités allemandes de ne pas faire sauter le pont Henri-IV et le pont neuf. Hier, l'ensemble des autorités de la ville ont rendu un nouvel hommage à tous ceux qui ont contribué à la libération de la ville un 4 septembre 1944.

L'IUT s'intègre au lac


Après avoir organisé un rallye culturel mercredi, l'IUT a rassemblé jeudi ses 352 étudiants au lac. Une journée d'intégration qui, pour la quatrième fois, a permis aux élèves de mieux se connaître grâce à de multiples activités : sumo, kayak, volley, boxe, baby-foot humain…

jeudi 4 septembre 2014

" Une joie douloureuse "

 
L'arrivée en voiture des responsables FFI et du commandement allié devant la mairie, le 6 septembre 1944. - (Jean Brault, reproduction Guy Armand)
Il y a soixante-dix ans, la ville était libérée. Historienne du Centre châtelleraudais d’histoire et d’archives, Marie-Claude Albert évoque ce moment.
Comment s'inscrit la libération de Châtellerault dans celle de la région et de la France ?
Marie-Claude Albert : « Elle est postérieure à celle de la capitale qui date du 25 août et antérieure à celle de Poitiers qui a lieu le lendemain. Ce qui a sans doute permis d'anticiper la libération de Châtellerault, c'est la négociation qui a eu lieu. Dès le 26 août, les autorités allemandes ont commencé à quitter la ville. »
La présence allemande était-elle importante à Châtellerault ?
« Très importante et de plus en plus au fil du conflit. Au départ, il y avait 3.000 soldats ce qui était beaucoup pour une ville de 20.000 habitants. Dès le début 44, une division SS s'installe, extrêmement dure, qui a perpétré des massacres violents à Châtellerault mais aussi en Touraine, comme à Maillé. »
 " La négociation a duré 30 heures. Tous les ponts étaient minés. "
Sans la négociation, la libération de Châtellerault aurait-elle eu lieu par les résistants ?
« Les maquis étaient dynamiques, notamment ceux du sud Vienne qui sont remontés vesr le nord. Le maquis Cram est à Ingrandes, le maquis Jacky du côté de La Roche-Posay et surtout le plus important le maquis Lagardère. Les maquis avaient préparé la libération au cas où la négociation échouerait. »
On cite beaucoup le rôle du sous-préfet Wiltzer, est-ce exagéré ?
« C'est partagé. Il faut toujours avoir de la distance comme avec tout mythe. En fait, il y a trois acteurs importants. Le sous-préfet Marcel Wiltzer, les chefs du maquis qui ont respecté la règle, et le commissaire de police Charles-Marcel Bichat, lui-même résistant. C'est lui qui a trouvé un général allemand à Dangé pour servir de négociateur et qui a transporté des blessés allemands à Châtellerault, ce qui a facilité la négociation. »
Une négociation difficile…
« Elle a duré trente heures. Tous les ponts avaient été minés et ceux de Loudun et de la Gornière ont sauté. Mais le pont Henri-IV et le Pont Neuf ont été sauvés. »
La ville retrouve son maire Louis Ripault le 6 septembre. Comment se passe l'épuration ?
« Comme partout il y a eu des règlements de compte dès le lendemain : des femmes ont été tondues, des collabos présentés à la vindicte sur le boulevard Blossac, mais cela a été très vite contenu par les autorités locales et départementales. René Savatier, président du Comité départemental de Libération, et Jean Schuller, commissaire de la République, ont joué un grand rôle. On est vite passé à l'épuration légale avec un premier procès dès décembre 44, celui du directeur de la Manu. »
La libération, c'était un moment heureux ?
« C'était une joie douloureuse car près de mille Châtelleraudais ne sont pas rentrés, prisonniers de guerre, STO, ou déportés. Ils ne reviendront, pour ceux qui reviennent, qu'au mois d'avril 1945. Il y a beaucoup de cérémonies funéraires dans le sillage de la Libération. Le 10 novembre, des résistants rapatrient les corps d'exécutés enterrés à Biard, Buxerolles ou Fontaine-le-Comte. C'est d'ailleurs cette part douloureuse qui sera mise en avant lors d'une exposition qui sera inaugurée le 9 octobre. »
chronologie de la libération
25 août 1944 : Quatre Châtelleraudais fusillés dans la cour du collège de jeunes filles (futur lycée Berthelot), le même jour que le massacre de Maillé et le lendemain des exécutions de maquisards à Ingrandes.
26 au 30 août : départ des services allemands de la Kommandantur et des troupes d'occupation de la ville après avoir miné les quatre ponts de la ville (celui d'Ozon, de Loudun, le Pont Neuf et le pont Henri-IV)
30 août : explosions à la manufacture ; explosion des ponts de chemin de fer de Loudun et de la Gornière ; décision de négocier le sauvetage des autres ponts dont le pont Henri-IV : le sous-préfet Marcel Wiltzer, le premier adjoint au maire, le directeur de la Défense passive, le commissaire de police.
31 août-1er sept : longues négociations du sous-préfet Marcel Wiltzer avec un officier allemand (Tafel).
1er septembre : 5 heures du matin, l'ordre allemand de ne pas faire sauter le pont Henri-IV est signé par le général Reinhardt. Les ponts et la ville sont entre les mains des autorités locales.
3-4 septembre : les maquis concentrés à la Manu à partir du 1er septembre ont reçu l'ordre de ne pas intervenir lors du passage du dernier convoi dans la nuit afin d'éviter toutes représailles.
4 septembre : la ville est libérée sans combat. Du 4 au 7 septembre les FFI s'installent dans les lieux stratégiques libérés par l'Occupant (mairie, caserne Delâage…)
6 septembre : le maire élu, Louis Ripault, révoqué en 1941, est réinstallé dans ses fonctions à la tête du conseil municipal de Libération. Il prononce le discours de libération du haut du balcon de l'Hôtel de ville.
7 septembre : le chef départemental des FFI, le général Chêne, alias colonel Bernard, est reçu à Châtellerault avec le délégué britannique Samuel, l'Américain Lewis et le président du Comité départemental de libération, René Savatier. Ils sont acclamés par la foule sur le boulevard Blossac puis à la Manufacture.
Réalisé avec le concours de Marie-Claude Albert (extrait de l'ouvrage Châtellerault sous l'Occupation, Geste éditions, 2005)
Propos recueillis par Laurent Gaudens

mercredi 3 septembre 2014

Les écoles n'ont pas encore trouvé le bon rythme



A l'école Lavoisier comme dans les autres écoles, on applique la réforme des rythmes scolaires.
La rentrée des écoles hier n’est qu’une première étape. Les ateliers liés à la réforme des rythmes scolaires seront lancés à la Toussaint.
Il y a bien les nouvelles chaussures, le nouveau cartable et la main qui serre très fort celle de maman : hier matin, à l'école Lavoisier d'Ozon, il y avait bien tous les ingrédients pour cette nouvelle rentrée. Manque juste un élément, de taille : les ateliers qui animeront les temps à l'issue des cours prévus par la réforme des rythmes scolaires. Pas un oubli, juste un temps d'adaptation. « C'est une première étape », a tenu à souligner le maire Jean-Pierre Abelin à l'occasion d'une visite des écoles.
" Nous attendons pour nous adapter à la demande "
Tous les établissements de la ville vont ainsi diffuser une information spécifique à tous les parents d'élèves durant ces prochaines semaines : horaires, tarifs, activité… tout y sera expliqué pour que chacun puisse faire son choix et s'inscrire d'ici le 1er octobre. Les ateliers démarreront après les vacances de la Toussaint. « Nous avons fait des hypothèses, indique le maire. Nous attendons les réponses des parents pour pouvoir les adapter à la demande. »
Même si la réforme continue d'être décriée en cette rentrée, Jean-Pierre Abelin et son conseil ont choisi de jouer le jeu. « On est républicains, on a toujours dit qu'on appliquerait la réforme en étant le plus performant possible, assure-t-il. Ce que l'on conteste, c'est son financement. Nous attendons que l'Etat pérennise son aide car cela représente deux points de fiscalité pour nous. »
Il faudra également mesurer l'impact de cette réforme. « L'objectif de départ, c'est de rendre l'école la plus performante possible, rappelle Anne-Florence Bourat, adjointe à l'éducation. Il faudra avoir une évaluation nationale mais aussi locale. »
L'autre conséquence, inconnue pour l'heure, c'est l'impact que pourra avoir l'école le mercredi sur les structures qui occupaient jusque-là le créneau, clubs sportifs, artistiques, ou équipements culturels. « Il y a eu une très mauvaise anticipation de ces effets, analyse Anne-Florence Bourat. Certains l'ont anticipé dès l'an passé comme l'école de cirque qui a fait une croix sur les cours du mercredi matin, d'autres qui se sont préparés pour cette rentrée, et enfin, ceux qui vont découvrir le problème avec le début des ateliers. »
Il n'y a en effet pas que les enfants qui vont devoir changer de rythme…
Laurent Gaudens

Dans les lycées, on se cultive



Les secondes ont fait leur rentrée hier au lycée Branly.
C'était aussi l'heure de la rentrée pour les lycéens châtelleraudais hier. Les secondes ont ainsi fait la découverte des lieux qui seront leur cadre de vie pendant les trois prochaines années si tout va bien. A cette occasion, le conseiller régional Cyril Cibert a visité les lycées Berthelot et Branly. C'est en effet le conseil régional qui a en charge les lycées. Il en a profité aussi pour présenter les dispositifs mis en place par la Région à destination des élèves : le chèque-livre et le ticket sport, déjà existants, et surtout le ticket culture qui entre en vigueur cette année. Il permettra à tout élève de lycée de bénéficier de 25 € de réduction lors de l'inscription auprès d'un établissement culturel agréé. Désormais, on ne se cultivera pas seulement dans l'enceinte du lycée mais aussi en dehors.