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mardi 5 août 2014

La foire de Saint-Roch : c'est pas très rock


Michel Alquinet ( à gauche) vient depuis 39 ans, comme pour la foire de Pâques.
La foire de Saint-Roch fait pâle figure comparée à celle de Pâques. Mais les commerçants sont malgré tout plutôt satisfaits.
Heureusement qu'il y a les collègues pour discuter. Dans l'après-midi, les forains du boulevard Blossac ont le temps de papoter. Le chaland potentiel n'est en effet guère présent. « Mais le soir, il y a du monde quand même », se réjouit Michel Alquinet, « figure » de la foire depuis 39 ans comme sur celle de Pâques. « On récupère la clientèle qui ne part pas en vacances ou ceux qui sont partis en juillet et qui sont revenus. » Certes, le commerçant châtelleraudais reconnaît que les passants ne sont pas très nombreux mais « c'est moins cher que sur la cote ».
" Ça se présente bien "
Présent depuis 15 ans au mois d'août à Châtellerault, Bruno Martin est déjà un brin nostalgique. « C'était mieux il y a quelques années. On était plus nombreux. Il faudrait que la foire se développe un peu, que la mairie nous fasse davantage de publicités. » C'est vrai qu'avec sept forains à peine, les amateurs n'ont pas l'embarras du choix.
Néanmoins, quoiqu'en disent certains, les professionnels sont plus nombreux cette année que lors de l'édition précédente.
Certains font ainsi leur première apparition à Châtellerault : André Santo et son stand de confiserie arrivent d'Angoulême. « Jusque-là, j'aillais au bord de la mer », précise-t-il. Mais Xynthia est passée par là et La Faute-sur-Mer où il travaillait est devenue moins intéressante avec la fermeture de plusieurs campings. Et, si les clients ne sont pas nombreux pour l'heure, André ne regrette pas son choix. « Ça se présente bien. C'est une belle ville, on est en plein centre-ville et la municipalité est très accueillante. » Fin de foire le dimanche 24 août.
Laurent Gaudens

lundi 4 août 2014

Stacey Kent, première de course



Stacey Kent était merveilleusement accompagnée par le quatuor Ebène samedi soir à La Roche-Posay.
Avant la journée de courses du lendemain, la chanteuse Stacey Kent a pris possession samedi soir de l'hippodrome de La Gâtinière, à La Roche-Posay, pour un concert exceptionnel dans le cadre du festival Les Chaises musicales.
Une première pour l'association Au fil des ondes, organisatrice du festival, qui s'exportait sur le champ de course pour bénéficier de tribunes abritées et qui a réussi son essai : 600 personnes environ sont venues applaudir la chanteuse américaine âgée de 46 ans.
Celle-ci a interprété quelques titres du dernier album Brazil du quatuor Ebène dont elle était l'invitée, Aguas de março (les eaux de mars), Smile ou le Fragile de Sting accompagné par le saxophoniste (et son compagnon) Jim Tomlinson et le batteur Richard Héry.
Elle était également merveilleusement mise en valeur par le quatuor Ebène à qui elle a laissé la scène sur quelques titres « solo », notamment le Libertango d'Astor Piazzolla qui a fait se lever le public. Prochain concert pour Stacey Kent à Marciac. C'est dire si La Roche-Posay a eu de la chance de l'entendre…
A voir en extrait vidéo sur lanouvellerepublique.fr et centre-presse.fr.
L.G.

VIDEO. La Roche-Posay : Stacey Kent star des... par lanouvellerepublique

Chants marins et oignons au menu des vendredis


Sur la place Zola, la Compagnie A l'Envers a mis l'ambiance.
Pour sortir à Châtellerault, c’est le vendredi. Avec les scènes cigales ou le groupe Orphéum sur l’île Cognet.
Ceux qui se plaignent qu'il n'y a rien à faire le samedi soir à Châtellerault auront raison : c'est le vendredi qu'il faut sortir. Les scènes cigales, programmation estivale de la ville, ont en effet bizarrement déserté le samedi et, vendredi dernier, la compagnie nantaise A l'envers a mis l'ambiance sur la place Zola.
Devant plusieurs centaines de personnes, les trois acteurs ont vanté les mérites de l'oignon de Trévignolles tout en essayant de lutter contre le son d'un groupe invité à une terrasse de café. Un humour pas toujours très fin mais qui a su rallier la plupart des suffrages.
Un peu plus tôt dans la soirée, c'était vers l'île Cognet qu'il fallait se déplacer. Sans grande publicité, le groupe vocal Orphéum y avait élu domicile pour un récital de chants variés, essentiellement marins. Plus de 130 personnes, dont beaucoup d'habitués puisque le groupe réitère ses prestations d'année en année, sont venus s'asseoir dans l'herbe fraîchement fauchée pour entonner les Santiano et autres « Petit Chaperon rouge ». Nouveauté de l'année, les spectateurs sont en effet invités à reprendre les refrains qu'on leur remet sur papier au début du spectacle. A noter que l'ensemble masculin sera à nouveau de sortie sur l'île à l'occasion de Jours de Vienne.
A voir également en vidéo sur lanouvellerepublique.fr et centre-presse.fr.
Laurent Gaudens
 

VIDEO. Châtellerault : chants de marins sur l... par lanouvellerepublique

Les courses, ça s'apprend !


Arlette André, une des bénévoles, chargée d'éduquer les masses.
A La Roche-Posay, on ne laisse pas les nouveaux les bras ballants. A l’hippodrome, un stand permet d’apprendre à parier.
Quand on arrive à l'hippodrome de La Roche-Posay un jour de courses comme hier, on peut être un peu désemparé. Faut-il faire la queue au guichet ? Aller directement en tribune ? Regarder les écrans ?
C'est la question que s'est posée Michel Olz en arrivant. Professeur au golf de La Roche-Posay pour l'été, originaire du Jura, il est venu écouter la veille Stacey Kent et s'est dit qu'il pourrait venir aux courses le lendemain. « Je n'y connais rien du tout. J'y ai joué une fois lors d'une semaine passée à Cabourg, mais complètement au pif. »
Pour franchir un palier, il s'est donc adressé à Arlette André, une des bénévoles chargées d'initier les nouveaux. Férue de courses, elle lui a donc tout appris : la mise, à jouer placé ou jumelé, etc. « Je venais déjà aux courses avec ma mère, explique cette Châtelleraudais de 82 ans. On attelait le cheval pour venir en remorque. » Elle a d'ailleurs œuvré sur l'ancien hippodrome au Breuil à côté du Casino. Et elle adore ce rôle d'initiatrice et ne déteste pas donner quelques bons pronostics. « J'ai eu un groupe de huit tout à l'heure. Je leur ai dit de jouer le 1 et il a gagné », rigole-t-elle.
« C'est parfois un peu le défaut, regrette Jean-Pierre Quillet, président de la Société des courses. Certains viennent chercher des tuyaux, ce n'est pas l'idée. C'est juste pour apprendre car c'est bien de miser même une petite somme. On voit la course d'un autre œil. »
Michel, lui, est reparti ravi vers le champ de course. « Elle est fabuleuse, elle m'a donné tous les renseignements. » Et, en prime, un petit pronostic pour la prochaine course. On ne la refait pas, Arlette !
Laurent Gaudens


VIDEO. La Roche-Posay : comment miser sur le... par lanouvellerepublique

dimanche 3 août 2014

Le courrier postal : c'est toute une histoire

 




Philippe de Logivière, propriétaire du relais, accueille cette exposition jusqu'en septembre. - (dr)
L’histoire de La Poste est à découvrir dès demain au relais de la poste aux chevaux des Ormes. Une visite parfois étonnante.
Avant que l'on connaisse l'origine du choléra et de la peste, dans la seconde moitié du XIXe siècle, pour éviter que se propagent les maladies, on avait parfois développé des méthodes originales : comme une pince « à purifier les lettres » qui perçaient les lettres avant de les soumettre à un bain de vinaigre ou des fumigations purificatrices.
Cette pince, comme bien d'autres objets, sera présentée à compter de demain lundi au relais de poste aux chevaux des Ormes dans le cadre de l'exposition itinérante du musée de La Poste. Devant fermer pour travaux pendant deux ans, le musée a en effet choisi de faire circuler ses collections pour les présenter au public en dehors de ses murs parisiens.
Des panneaux présentent ainsi l'histoire de La Poste des débuts à aujourd'hui. « C'est un panorama dans le temps de ce qu'a été la Poste », explique Philippe de Logivière, propriétaire du relais. A cheval, en avion, bâteau ou sur roues, tous les moyens de locomotion que le courrier a pu emprunter au travers des siècles y est détaillé dans un lieu qui s'y prête tout naturellement (voir ci-contre).
Enfermé dans des boules de zinc
On y découvre ainsi le curieux moyen utilisé en 1870 lors du siège de Paris par les Prussiens : le courrier est enfermé dans des boules en zinc et jeté à la Seine. Un filet devait les récupérer en aval. Mais, en raison d'un hiver des plus rigoureux, l'expérience ne durera qu'un mois.
L'exposition est agrémentée des planches d'une BD réalisée par Patrick Marchand, Jean-Marie Cuzin et Cédric Hervan qui permet d'entrer dans l'histoire de manière ludique. Un quizz est aussi proposée pour accompagner la visite. Le moyen idéal pour occuper son été en se cultivant.
La Poste une histoire extraordinaire, du 4 au 25 août et du 2 au 21 septembre de 11 h à 17 h. Entrée : 3 €, gratuit pour les moins de 18 ans, chômeurs et handicapés. Tél.05.49.85.60.13.
Laurent Gaudens






Pour Manon, l'animation c'est une vraie passion



« Il faut que les enfants se sentent en vacances. »
Animatrice en centre de loisirs à Châtellerault, Manon Nivelle s’investit pleinement dans sa mission. Plus qu’un job d’été, une vocation.
On peut trouver son job d'été dans les annonces des journaux, parfois à la dernière minute, souvent par hasard. Pour Manon Nivelle, 18 ans, rien de tel : si elle passe son été en centre de loisirs, c'est par choix. « J'ai toujours voulu travailler avec les enfants », annonce-t-elle. Le bac en poche depuis quelques jours, la lycéenne d'Edouard-Branly à Châtellerault voulait initialement devenir infirmière « pour travailler en pédiatrie dans les hôpitaux ».
Mais, ayant malheureusement raté ses concours, Manon a fait le choix d'arrêter ses études et de partir l'an prochain comme jeune fille au pair à l'étranger. « Je veux perfectionner mon anglais pour pouvoir partir ensuite comme animatrice dans les pays chauds. » Elle se verrait bien ainsi animatrice dans les clubs enfants mais se projette aussi comme directrice. « J'ai envie de tout voir, de faire des colonies aussi. »
En attendant, elle ne prend donc pas son emploi d'animatrice à la Maison pour tous de Châtellerault à la légère. Titulaire du Bafa (1) depuis six mois, elle y anime les mercredis et les vacances scolaires. Avec deux autres animatrices pour encadrer au maximum 25 enfants de 6 à 9 ans au mois de juillet, elle s'est d'abord employée à redécorer la salle principale. « Il faut que les enfants se sentent en vacances, que ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir partir au bord de mer profitent malgré tout d'un autre cadre. »
Faire le maximum de câlins gratuits
Mais c'est surtout trouver des activités qui occupent l'esprit de Manon. « C'est vraiment ce que je veux faire, inventer des jeux, faire des activités, être au contact des enfants. Il faut beaucoup d'imagination être un peu dans le monde des enfants. » Ainsi, c'est en voyant un film que Manon a mis au point un jeu : aller dans une galerie commerciale pour faire un maximum de câlins gratuits ! « J'aime aussi leur inculquer des valeurs. Il ne faut pas penser qu'aux grandes sorties, dans des parcs de loisirs par exemple, mais leur montrer qu'on peut jouer avec rien, sans dépenser énormément. Ils s'amusent ici sans forcément sortir et ils sont quand même contents de venir. »
Et c'est bien là la meilleure des récompenses. « Quand je vois les enfants heureux grâce à nos activités, je me dis qu'on a réussi. » Autant de recettes qu'elle appliquera de même au centre de loisirs de Cenon-sur-Vienne durant la première quinzaine d'août. Après, ce sera les vacances, les vraies, au bord de la mer. Et sans enfants, cette fois.
(1) Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur, diplôme nécessaire pour encadre des enfants.
Laurent Gaudens

vendredi 1 août 2014

La Grande Guerre dans les pas d'un Goncourt



Maurice Bedel sur le front dans son poste de secours en 1914. - (Photo archives famliliales)
Disparu en 1954, le Châtelleraudais et prix Goncourt Maurice Bedel reprend la plume pour raconter sa Grande Guerre, entamée dès le 1 er  août 1914.
Moi, Maurice Bedel, médecin, écrivain, prix Goncourt en 1927, installé entre Paris et le Pays châtelleraudais, j'ai été mobilisé dès le 1er août 1914 et j'ai fait la guerre au-delà de l'Armistice, quittant le front le 31 décembre 1918.
Voilà les quelques lignes qu'ont pu découvrir à la fin juin les « amis » de Maurice Bedel sur Facebook. L'écrivain, amoureux des régions du Poitou ou de la Touraine (1), bien que disparu en 1954, a repris sa plume cent ans après le début de la guerre 14-18 pour raconter sa Grande Guerre à lui.
Pendant quatre ans, il détaillera dans les colonnes de notre quotidien son vécu sur les fronts des Vosges, de l'Aisne ou de l'Atlas marocain. En homme résolument moderne comme il l'a toujours été, il emploiera également les médias de notre époque. Il alimentera quotidiennement le blog « Comme en 14 » hébergé sur le site de La Nouvelle République, ouvert pour célébrer le centenaire de la Grande Guerre.
Sur sa page Facebook, il donnera aussi de ses nouvelles même lorsqu'il sera blessé à deux reprises. Il en profitera pour publier ses photos, dessins et plans des régions qu'il a visitées.
L'écrivain, qui a l'habitude de passer ses vacances à côté de Châtellerault dans sa propriété de la Génauraie, a également ouvert son compte Twitter. Par ce biais, il fera vivre à ses « followers » ses journées les plus chaudes, heure par heure.
Mobilisé dès le 1er août 1914, Maurice Bedel a vécu la guerre intensément, ne rentrant chez lui qu'après le 31 décembre 1918. De cette expérience, il a tiré un Journal de guerre tenu au jour le jour et publié seulement l'an dernier après sa « re-découverte » par une professeure à la retraite de Châtellerault (2).
C'est son contenu qui lui servira pour raconter sa guerre. Une aventure inédite que nous vous proposons de vivre dès maintenant puisque Maurice Bedel a déjà posté ses premiers messages. N'hésitez donc pas à le suivre : ce sera beaucoup moins périlleux qu'en 1914.
>> A LIRE : Épisode 1, les derniers jours de paix
>> A LIRE  : Épisode 2, l'enthousiasme du départ
(1) Il écrira après la guerre plusieurs ouvrages sur le Châtelleraudais et le Sud de la Touraine.
(2) Maurice Bedel Journal de guerre, 1914-1918, éditions Tallandier, 29,90 €, 660 p.
Laurent Gaudens